- Témoignage
Le propre de l’innovation, c’est qu’elle est imprévisible. Nous pouvons voir qu’elle est largement accélérée par les technologies d’IA, de data ou encore de blockchain. Pour continuer à innover, les banquiers/assureurs doivent évidemment s’appuyer sur ces nouveaux outils, mais aussi composer avec les évolutions réglementaires. Contrairement au modèle américain, où l’innovation précède la réglementation, en Europe, ce sont bien les législateurs qui donnent le top départ. La directive sur les services de paiement (DSP2) et celle sur la protection des données (RGPD) en sont les derniers exemples. Le premier ouvre l’accès aux données de paiement à des acteurs tiers, tandis que le second encadre les conditions de collecte, de traitement et de partage des informations client.
Quels sont les défis d’aujourd’hui ?
La transformation digitale est un chantier sur lequel les banquiers/assureurs ont encore leur mot à dire. L’ouverture des données de paiement a ouvert la voie à une concurrence accrue des fintechs et néobanques dont le modèle full digital facilite le lancement de nombreux produits et services. Dans le même temps, les acteurs traditionnels, tels que Crédit Agricole, s’appuient sur cette dynamique d’innovation pour répondre au mieux aux nouveaux besoins et attentes client.
La digitalisation des processus et services est un exercice sur lequel les banquiers/assureurs de demain continueront d’ailleurs de travailler.
L’attractivité des prix pratiqués par les nouveaux acteurs impose également des enjeux d’inclusion financière du côté des modèles traditionnels. Le digital doit donc continuer à servir de support au lancement d’offres à faibles coûts, adaptées et qui répondent aux besoins spécifiques de chaque profil.
Le développement durable est également à intégrer afin de répondre tant aux demandes des clients que des régulateurs et d’accompagner la transition à travers des initiatives concrètes. A titre d’exemple, Crédit Agricole a lancé une offre de microcrédits pour les entrepreneurs en situation de précarité en 2022.
Quels défis pour demain ?
Montrer l’exemple, c’est l’une des principales obligations à laquelle va devoir répondre la nouvelle génération de banquiers/assureurs. C’est d’ailleurs particulièrement vrai lorsqu’on parle de protection des données. L’un des pires scénarios à envisager serait ici un resserrement sévère du cadre du partage des données à l’initiative des régulateurs. Rester dans les clous est encore le meilleur moyen d’anticiper les mesures futures.
La lutte contre le blanchiment fait également l’objet de nombreuses expérimentations et implémentations qui doivent évidemment se poursuivre à mesure que le volume de transactions augmentent. L’open banking et l’open insurance représentent ici des opportunités d’amélioration pour les acteurs traditionnels qui seront de plus en plus amenés à coordonner leurs efforts de conformité et d’innovation.

